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Les principales méthodes de valorisation d'entreprise

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Antoine Debois-Frogé

25 ∙ juin ∙ 2019

Il est très important de savoir mettre en valeur son entreprise, notamment lorsqu'il s'agit de la vendre. Pour valoriser une entreprise, on procède à une analyse quantitative et à une analyse qualitative. L’analyse quantitative aboutit à l’évaluation comptable de la société. C’est sa valeur théorique. Cette valeur est ensuite modifiée en fonction d’arguments qualitatifs : le secteur d’activité, la concurrence, la clientèle, la notoriété, le climat social, etc.

On obtient ainsi la valeur objective de l’entreprise. Elle servira de base à la négociation entre cédant et candidats à l’acquisition. La valeur théorique d’une entreprise est estimée à partir de son bilan comptable. Elle peut varier de 15 à 20% selon la méthode de calcul utilisée.

Il en existe, en effet, des dizaines, fondées sur des approches différentes :

  • L’approche Patrimoniale
  • L’approche de la Rentabilité
  • L’approche des Flux Futurs
  • L’approche Comparative

L'approche patrimoniale

Ce qui compte, c’est le patrimoine de l’entreprise = ce qu’elle possède.

On réévalue l’actif et le passif pour qu’ils correspondent mieux à la réalité avant de dégager la valeur nette comptable. La valeur de l’entreprise correspond à cette valeur nette comptable corrigée. On parle de valeur patrimoniale (ou mathématique).

Avantage de l'approche patrimoniale : on tient compte de l’addition d’actifs réels dont l’évaluation est souvent objective.

Inconvénient de l'approche patrimoniale : le potentiel de croissance et de création de valeur future reste peu valorisé.

Cette approche adaptée aux entreprises en phase de maturité.

L'approche de la rentabilité

Ce qui compte, c’est la rentabilité de l’entreprise = ce qu’elle gagne. La valeur de l’entreprise correspond à un multiple de son résultat.

Le résultat auquel on se réfère peut être le bénéfice net, le résultat d’exploitation (REX), l’excédent brut d’exploitation (EBE), la marge brute d’autofinancement (MBA), EBIT, EBITDA…

Les méthodes de calcul varient selon l’indicateur choisi. Selon les cas, on peut choisir celui de l’exercice précédent ou une moyenne des résultats des derniers exercices ou même l’estimation prévue pour l’année en cours.

Avantage de l'approche de la rentabilité : on s’attache à la valeur financière, ce que l’entreprise gagne et donc ce qu’elle peut rembourser. Cette notion permettra ou pas son financement.

Inconvénient : déterminer le coefficient multiplicateur que l’on va appliquer au résultat est une tâche ardue. Procéder par comparaison, en s’inspirant des multiples utilisés récemment dans l’évaluation d’entreprises du même secteur, donne une base mais ne suffit pas.

Cette approche adaptée aux entreprises rentables et en croissance.

Approche de la Survaleur ou Goodwill

Cette approche combine approche patrimoniale et approche de rentabilité.

Le goodwill (ou survaleur) est un supplément de valeur pour l’entreprise. Il provient d’actifs incorporels qui n’apparaissent pas au bilan, comme la réputation de la société, son réseau de distribution, ses parts de marché, la qualification de ses équipes, ses brevets, etc…

Il entraîne une appréciation de la valeur patrimoniale de l’entreprise. A l’inverse, un badwill la dépréciera. La valeur de l’entreprise correspond à la somme de l’Actif Net Comptable Corrigé et du goodwill.

Avantage de l'approche de la survaleur : permet de valoriser le potentiel d’une entreprise indépendamment de sa rentabilité.

Inconvénient : la valeur résulte principalement de l’offre et la demande et du potentiel de développement que l’acquéreur pourra mettre en œuvre.

Adaptée à des sociétés anciennes avec des marques fortes, un savoir-faire ou des réseaux de distribution ou à des sociétés numériques avec une forte audience.

L’Approche des Flux Futurs, dite des Cash-flows actualisés ou DCF (Discounted Cash Flows)

Ce qui compte ce sont les futurs revenus de l’entreprise = ce qu’elle génère.

La valeur de l’entreprise correspond à la somme des flux de trésorerie prévisionnels actualisés au coût moyen pondéré du capital (CMPC) et de la valeur terminale, elle aussi actualisée au CMPC.

Avantage : on est dans une approche de trésorerie propice aux montages financiers lors de l’acquisition.

Inconvénient : fiabilité des prévisions, capacité à les atteindre.

Adaptée à des entreprises avec peu d’actifs mais une forte création de valeur ou des revenus récurrents, comme les sociétés de conseil.

L'approche comparative ou analogique par Peer

Ce qui compte, c’est d’être en ligne avec le marché.

La valeur de l’entreprise est obtenue par comparaison avec la concurrence.

On constitue un Peer Groupe, c’est à dire un échantillon de sociétés similaires en termes d’activité, de taille, de performance. On calcule son multiple moyen (ratio valeur/solde financier) et on l’applique au solde de l’entreprise à valoriser.

  • Capitalisation boursière / résultat net (PER, price earning ratio)
  • Capitalisation boursière / CA
  • Valeur d'entreprise / EBE

Avantage de l'approche comparative : cette méthode est simple et résistante.

Inconvénient : la constitution d’un peer group compatible en tout point avec l’entreprise est difficile. Le potentiel de croissance de l’entreprise n’est pas pris en compte. A éviter en période de crise (sous-évaluation) ou de bulle (surévaluation).

Adaptée à des entreprises normées et avec de nombreux comparables, de la pharmacie à l’équipementier automobile international.

Conclusion

La valorisation d’une société n’est pas une science exacte. La valeur théorique d’une entreprise dépend de la méthode d’évaluation utilisée. Combiner des approches différentes en les pondérant permet souvent de tendre vers une valeur de marché. Le recours à une entreprise spécialisée dans l’évaluation ou la transaction reste indispensable pour mener à terme une transaction optimale.

 

 

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A propos de l'auteur

Antoine Debois-Frogé

Titulaire d’une Maîtrise de Sciences de Gestion et d’un Master 2 en Gestion de Patrimoine, Antoine Debois-Froge débute sa carrière par l’audit et l’analyse financière. En 2004, il créé XENIA Gestion Privée qui intervient notamment sur le patrimoine du chef d'entreprise dans le cadre de missions de Family Office. Depuis Avril 2018, XENIA est intégrée au groupe Elaé Capital.

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